C’est chez nos amis néo-belges, que nos dernières agapes se sont déroulées pour une fois n’est pas coutume un vendredi soir (les week-ends de mai sont généralement très prisés…). Aussi pour attendre les retardataires de plus en plus nombreux en provenance de Paris, nos hôtes n’ont pu s’empêcher de faire patienter une partie de l’assemblée avec le désormais traditionnel zizi-coincoin.
Une fois le quorum atteint, Damien a commencé à servir le premier flacon en provenance de chez notre pourvoyeur rennais (Whisky & rhum). Il s’agit à nouveau d’une première avec un whisky gaélique répondant au doux nom de Te Bheag.
Pour la petite histoire, cette dernière débute en 1988.
Toute L'Ecosse est occupée par les Rosbeefs...Toute ? Non ! Un archipel peuplé d'irréductibles celtes résiste toujo
urs et encore à l'envahisseur... Cela vous rappelle quelque chose ? Assurément et c'est non sans une certaine émotion que je sirote mon Te Bheag, whisky gaélique au nom étrange. Il signifie « petite dame » et Te Bheag se prononce « TchéVek ».
Il s'agit donc d'un petit bijou en provenance du nord-ouest de l'Ecosse, dans l'archipel des Hébrides (Western Isles), îles battues par les vents et peuplées de près de 50 000 habitants exclusivement « gaelic speakers ». Nous vous ferons grâce d'une traduction laborieuse de l'étiquette de la bouteille écrite dans la langue de Rob Roy...
Mais revenons à notre dégustation, le Te Bheag est un blend, sans âge, mais composé d'une très forte proportion de malt. Il n'est pas filtré à froid, c'est là que le Te Bheag se révèle spécial, particulier, voire unique... Je m'explique : tout whisky, à sa sortie du vieillissement en fût charrie un dépôt de matière en suspension plus ou moins consistant. Avant toute mise en bouteille le précieux liquide est donc « chilfiltererd » c'est-à-dire refroidi pour faire précipiter le dépôt afin qu'il soit mieux filtré. Présentement, le procédé a été avorté et permet ainsi au whisky de conserver un élément constitutif supplémentaire de son goût.
A la dégustation nous avons :
Nez : Nez floral (bruyère) et légèrement tourbé.
Bouche : En bouche, iodé et floral à nouveau, avec des notes de xérès.
Finale : Beaucoup d'élégance pour un blend bien marqué par les malts entrant dans son assemblage.
Bien évidemment Ariane avait mis les petits plats dans les grands et, aidé de la maman de Damien , nous avait concocté de sublimes petites préparations pour accompagner notre première dégustation.
Le sec
ond flacon proposé nous fait traverser la mer d’Irlande pour aller déguster un nouveau blend irlandais haut de gamme à fort pourcentage de malt (80%) provenant de l’assemblage de whiskeys âgés en moyenne de 8 à 10 ans. Vieilli majoritairement en fûts de chêne européen ayant précédemment contenu du Xérès Oloroso (Oloroso Sherry butts).
Le coeur de la gamme BUSHMILLS, emblématique du savoir faire de la distillerie dans l’élaboration, l’assemblage et l’élevage de grands whiskeys irlandais. Ainsi le Black Bush est un blend délicieux, d’une richesse et d’une élégance rares. Le corps et l’onctuosité d’un malt avec cette vivacité supplémentaire apportée par une touche de vieux whiskey de grain.
A la dégustation nous avons :
Couleur : or soutenu à légers reflets cuivrés.
Nez : frais et plein, très parfumé boisé (chêne, vanille) et fruité (fruits rouges, fruits secs, Sherry), à l’aération, notes de caramel et de praliné, voire des notes de torréfaction (café).
Bouche : onctueuse et pleine, elle est très savoureuse et gourmande avec des notes grasses de beurre et de caramel, des notes fruitées de raisins secs et de citron confit. Elle évolue sur l'orge maltée et la rose (loukoum).
Finale : longue et sèche, sur les épices.
En bref encore, et oui, une excellente soirée ou nous nous sommes tous régalés les papilles et sommes rentrés heureux d'avoir pu échanger entre amis.
Au mois prochain chez Marie-Alzée et Francis.
Fred
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